Pour aller plus loin


 La jeune gauche sur la toile

L'European Community Of Socialist Youth est la structure européenne des jeunes socialistes. Elle rassemble toutes les organisations de jeunesses socialistes de l'Union Européenne.

 

L'International Union of Socialist Youth est l'organisation internationale des jeunes socialistes.

 

Combat socialiste est un courant du Parti socialiste héritier de la pensée de Jean Poperen. Il a présenté la motion B au Congrès de Brest de novembre 1997. Républicain, laïque et européen, il s'inscrit dans une tendance favorable à un meilleur ancrage de l'action politique dans le mouvement social, ceci dans une perspective de rassemblement de la gauche.

Chiche ! est le mouvement des jeunes Verts.

 

Les Jeunes radicaux de Gauche

 

Le Mouvement de la Jeunesse Communiste de France est l'organisation de jeunesse du Parti communiste. Il anime tout un réseau associatif, de solidarité et de maintien du lien social dans des quartiers difficiles.

L'UNEF est l'autre syndicat étudiant de gauche. Proche du Parti communiste, celui-ci. Une réunification a eu lieu avec

 

L'Union nationale des étudiants de France -Indépendante et démocratique est le premier syndicat étudiant en France. Unifiée en 1980, elle milite depuis longtemps pour un statut social de l'étudiant.

 

La gauche plurielle dans sa plénitude

A l'occasion de la discussion en deuxième lecture du projet de loi de "modernisation sociale" présenté à l'Assemblée Nationale par le gouvernement de Lionel Jospin, le groupe communiste a menacé de ne pas voter ce projet si il n'y avait pas d'avancées substantielles concernant la protection des salariés en cas de plan de licenciements économiques (surtout quand ces entreprises sont largement bénéficiaires).

Cette apparente crispation des relations des partenaires politiques de la gauche plurielle révèle en fait, à nos yeux, le sens même d'une construction politique novatrice pour la gauche française.

Pendant des décennies (disons pour simplifier, depuis le Congrès d'Epinay de 1971 et le programme d'Union de la gauche signé par le PS et le PCF en 1972), le PS n'a envisagé sa relation avec le Parti Communiste que dans une optique stratégique de partenariat momentané et ce, en vue d'accéder au pouvoir. Le PC de son côté, jusqu'à la fin de l'ère Marchais, a continué à défendre une logique de rupture avec le capitalisme sans pour autant se démarquer des expériences totalitaires post-staliniennes ayant eu cours dans les pays du bloc de l'Est. Ainsi, sa perte d'influence s'est accentuée alors que le PS mitterandien tentait de le fagociter en lui donnant "le baiser du tueur". En 1969, le PC représentait 23 % de l'électorat français, en 1981, Georges Marchais faisait 15 % au premier tour de l'élection présidentielle et en 1988, A. Lajoignie atteignait péniblement la barre des 6 %...

Quand Lionel Jospin, à partir de 1995, a chargé Jean-Christophe Cambadélis d'animer les "Assises de la transforma
tion sociale", le but était d'articuler autour d'un corpus idéologique commun, les divers cultures de la gauche française. Le nouveau leader du PCF, Robert Hue, était plus enclin que son prédécesseur à ouvrir son parti, à la fois au mouvement social (révélé par les grandes grèves de décembre 1995) et aux réflexions nées de la critique radicale de la mondialisation libérale. L'effort de R. Hue intervint aussi à l'intérieur de son propre parti pour en renouveler pied à pied l'ensemble de ses cadres.

Ces "Assises", où les Verts de Dominique Voynet et le MDC de J-P Chevènement ont participé activement, ont débouché sur les accords bilatéraux entre le PS et le PC d'une part et le PS et les Verts d'autre part qui, à l'issue des législatives de 1997, ont donné naissance à la "Gauche Plurielle".

Pour beaucoup de militants et d'élus du PS, cet attelage est resté une abstraction. Ils ont vu se renouveler, avec des mots nouveaux le vieux partenariat qui permettait au PS, de manière classique, d'accéder au pouvoir. Mais le concept de "gauche plurielle" s'est avéré encore plus rebelle aux sirènes médiatiques et au vieux fantasme d'un PS hégémonique et omnipotent au coeur d'une gauche recomposée.

La gauche plurielle développe une idéologie du mouvement engageant toutes les cultures de la gauche, chacun apportant sa contribution à l'élargissement et à l'approfondissement du progrès social dans notre pays. La grande réussite de L. Jospin et de ses proches est d'avoir amené pour la première fois le PC ainsi que l'ensemble des partenaires de la gauche plurielle, à s'inscrire dans la durée tout en adoptant une attitude de responsabilité.

Comme l'a dit récemment R. Hue, pour motiver le refus du PC de voter en l'état le projet d'E. Guigou : "Le Parti Communiste est au coeur de la question sociale en France et cela depuis des décennies, il est donc normal qu'au sein de la gauche plurielle il défende au plus près les intérêts des salariés..." Cette déclaration renvoie à l'esprit même de la gauche plurielle qui permet à chacune des formations politiques en son sein de faire avancer leurs idées tout en faisant avancer la gauche dans son ensemble.

Bien naturellement, il n'est pas question ici, comme le souhaiteraient certains, de cantonner chaque composante de la majorité gouvernementale dans un déterminisme politique propre à chacun. Le PC n'est pas le seul détenteur de la légitimité sur les questions sociales. Mais le travail que le PC effectue en ce moment sur la loi de modernisation sociale doit permettre ce que "Pluriel" revendique depuis toujours : "donner du sens à la gauche". Le Parti Socialiste doit se saisir de ces revendications pour être lui aussi porteur de propositions progressistes sur les conditions de travail des salariés.

Il est pour le moins curieux que certains aient vu dans cette attitude les prémices de la décomposition du PC, et par là même de la gauche plurielle. Bien au contraire, le PC que l'on disait moribond d'un point de vue idéologique et menacé par l'extrême-gauche du point de vue de son espace politique, réinvestit le champ social et redevient une force de proposition. De fait, il permettra sûrement au projet Guigou de modifier le code du travail en empêchant les plans de licenciements économiques dans les entreprises bénéficiaires. Quelle femme, quel homme de gauche pourrait se plaindre de cette avancée ?

Les palinodies du microcosme médiatique attisées par une droite servant les intérêts du MEDEF et de certaines individualités de gauche souhaitant la fin de cette expérience unique dans l'histoire de la gauche, s'en prennent à l'attitude du PC en insistant sur l'aspect tactique de cette démarche et en parlant de "surenchère sociale". La réalité est toute autre. Lionel Jospin a rappelé la place centrale du PC dans son dispositif gouvernemental et ne tarit pas d'éloges sur ses ministres communistes qui sont parmi les plus réformateurs de son gouvernement.

Il est évident que L. Jospin souhaite que le PC trouve sa place entre les aspirations du mouvement social et les exigences d'un parti au pouvoir. A la différence de Lutte Ouvrière, le PC se veut au front face à la prédation capitaliste : dans les mouvements sociaux mais aussi au pouvoir, pour faire changer la donne économique et sociale comme il le fait en ce moment sur le projet Guigou.

Ainsi, la gauche plurielle se renforce de ses différences qui fondent une éthique de la responsabilité pour combattre la société néo-libérale. Le PCF ne quittera pas le gouvernement, les Verts continueront à penser l'économie de la régulation en l'ensemençant de normes environnementales, le MDC rappellera encore et toujours les valeurs fondamentales de notre république jacobine et le PS mené par François Hollande se posera comme le parti central menant la gauche vers de nouvelles conquêtes. A nous, jeunes socialistes de veiller à ce que le PS ne s'éloigne pas de ses valeurs de gauche. Tous ensemble, avec la gauche plurielle, soyons les acteurs d'un vrai projet social.

La Gauche Plurielle est une construction politique et celui qui porte ce projet de renouvellement de la gauche est et sera Lionel Jospin. A nous d'être tous derrière lui pour que vive encore longtemps la Gauche Plurielle, angle fort de ce que nous n'avons pas peur de nommer le jospinisme.

Julie Sommaruga et Rodolphe Kaufmann(Nice)