Santé
publique et réorientation de la PAC
Vaches folles, poulets à la dioxine, tremblante
du mouton, porcs élevés en batterie, polluant les nappes
phréatiques, fièvre aphteuse, OGM dont on ne connaîtra
les effets que dans plusieurs dizaines d'années , sont devenus
autant d' "événements" ultra médiatisés,
dont la succession a de quoi confiner à la panique
Où que l'on porte aujourd'hui
le regard (marées noires, rejets de CO2 dans l'atmosphère,
réchauffement de la planète et dérèglements
climatiques, ), la nature dénaturée est fragilisée,
voire menacée.
La principale victime de ces crises
à répétition (toutes liées au modèle
qui a longtemps perduré, du bénéfice par la productivité
à outrance) est - puisque son environnement direct se dégrade,
voire le met en danger- l'homme lui-même.
Les conséquences du
modèle économique productiviste sont aujourd'hui aussi
des enjeux capitaux de santé publique.
Ces dérives, auxquelles
nous assistons impuissants, nous montrent une fois de plus, les limites
du modèle ultra libéral. Le monde économique
dicte une course aux profits par la productivité intensive,
et ce, y compris en matière agricole.
Ces crises multiples auront eu au moins l'avantage de nous faire prendre
conscience de l'urgente nécessité de la mutation du
monde agricole. Elles doivent nous amener à sérieusement
repenser notre modèle agricole, ce que défend d'ailleurs
notre ministre de l'Agriculture, Jean Glavany.
La réorientation d'une partie
des aides du marché vers le développement rural, c'est-à-dire
vers une agriculture plus extensive, doit devenir en matière
de Politique Agricole Commune, notre priorité. L'Europe est,
à ce titre, le cadre le plus pertinent et le plus efficace
pour peser dans le jeu économique mondial.
Il s'agit de revenir à une agriculture moins productiviste,
plus extensive et plus respectueuse de l'environnement, en assainissant
à court terme le marché (amplification du programme
d'achat pour destruction, plutôt que des mesures en faveur du
stockage, qui feraient perdurer la crise).
Il est également important de prévoir un fonds de gestion
de crise, afin de gérer au mieux les conséquences économiques,
mais aussi humaines.
Des mesures structurelles destinées
à maîtriser l'offre dans les années qui viennent
- une évolution des modes de production (favoriser les petits
producteurs extensifs, développement de l'agriculture biologique),
mais aussi une mise en place d'aides ciblées permettant de
répondre aux difficultés des éleveurs les plus
touchés par la crise - doivent être prises.
L'élevage bovin, dans de vastes
zones herbagères, joue un rôle déterminant dans
l'équilibre de territoires fragiles. C'est pourquoi, il est
important de ne pas mettre en péril ces exploitations, qui
remplissent une fonction économique et sociale.
Parce que la crise agricole n'est pas
seulement la crise d'un secteur, mais, parce qu'elle est devenue un
véritable problème de santé publique, qui touche
chacun d'entre nous au quotidien, il est aujourd'hui crucial de convaincre
nos partenaires européens du caractère urgent- et pas
seulement dans l'intérêt de la France comme cela a pu
nous être reproché - d'une réorientation de la
PAC. Une solidarité européenne des Etats-membres, pour
générer des règles du jeu stables, est donc primordiale.
Il est, à ce propos, fort préoccupant
de voir que l'identité européenne, et l'appartenance
à L'UE ne s'affirment toujours pas comme une évidence
aux yeux de nos voisins européens, comme le prouve
le dernier vote à ce sujet, de nos amis suisses.
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