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Si chaque élu ne se consacrait qu'à un seul mandat - local, national ou européen, la République pourrait enfin s'ouvrir aux femmes et se renouveler, les villes et les régions seraient moins livrées à elles-mêmes, le Parlement moins vide, les ministres plus présents dans leurs administrations, l'Europe moins lointaine.
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Enclenchée notamment par la mise en oeuvre de la parité, la rénovation de la vie publique doit être prolongée en France par une mise à plat du statut de l'élu, et à travers celui-ci du cumul des mandats. En effet, notre pays est un des seuls en Europe, où les responsables politiques occupent plusieurs fonctions électives majeures. Un double cumul est même à distinguer entre les mandats électifs classiques et les fonctions exercées dans les communautés urbaines, où dans d'autres structures de ce genre. L'importance de cette réforme réside, pour une grande part, dans le renouvellement et l'accroissement du personnel politique qu'elle provoquerait. Mais surtout, le non-cumul aurait des incidences sur l'organisation du champ politique. Le principal reproche adressé
au fait qu'à un élu corresponde un seul mandat,
est l'idée que sans plusieurs mandats, celui-ci perdrait
tout contact avec le monde "réel". Mais cet argument est-il valable dès lors que l'on considère que le député doit se consacrer à plein temps à sa tâche et donc à ses électeurs? L'idée que l'exercice d'une députation ne tient pas compte des préoccupations locales, n'est-elle justement pas créée par l'accumulation même des mandats? Une réforme du cumul des fonctions entrainera donc, de fait, une revalorisation de chaque mandat. Alors, certes, la mise en oeuvre du non-cumul mettra un terme définitif aux "baronnies", aux phénomènes de notabilité et de monopolisation politique. Mais peut on le regretter? Effectivement, les élus
ne pourront plus s'assurer de détenir des "mandats
de sécurité", des bouées de sauvetage,
en cas d'échecs électoraux. Il est vrai, que dès
lors, une réforme de ce type renforcerait la précarité
des hommes politiques. Aujourd'hui, les réserves à l'application d'une loi anti-cumul sont portées par les principaux intéressés pour des raisons personnelles, peut être légitimes, mais certainement pas progressistes. A nous de mener campagne auprès
des élus pour faire reculer ce conservatisme égoiste
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