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Les
discours de François Mitterrand en ligne
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François Mitterrand
(1916-1996)
François Mitterrand est né
en 1916 à Jarnac en Charente dans la moyenne bourgeoisie catholique.
C'est le cinquième d'une famille de huit enfants, Son père,
ancien cadre des chemins de fer est devenu industriel vinaigrier. Politiquement,
c'est un républicain conservateur. il découvre très
jeune Barrès et Chateaubriand. En 1934, il " monte "
à Paris pour y faire des études de droit et suivre les cours
de l'École libre des sciences politiques.
Pendant le Front populaire, il écrit
dans l'Écho de Paris, journal proche du colonel de La Rocque,
figure de la droite nationaliste antiparlementaire modérée.
C'est au sein du 23e régiment d'infanterie
coloniale qu'il sert quand éclate la Seconde Guerre mondiale. Il
s'y lie d'amitié avec Georges Dayan. Le 14 juin 1940, durant l'offensive
allemande, près de Verdun, il reçoit un éclat d'obus
et est fait prisonnier par les Allemands à Lunéville. Au
cours de sa captivité, il fait la connaissance de Jean Védrine
et de Patrice Pelat. Après deux tentatives malheureuses, Mitterrand
parvient à s'échapper et rejoint Vichy. En mai 1942, il
intègre le Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre
où il crée un réseau d'aide aux évadés.
À l'arrivée des hommes de Laval, Mitterrand démissionne
et s'engage, après de longues hésitations, dans la Résistance,
sous le pseudonyme de Morland. Ce qui ne l'empêche pas d'accepter
la francisque en 1943.
Mitterrand a-t-il cru un moment qu'il pouvait mieux servir la France à
Vichy ?
Quoiqu'il en soit, il construit un réseau
de Résistance avec d'anciens prisonniers, en marge des communistes
et des gaullistes. Pour renforcer sa légitimité, Mitterrand
se rend à Alger, rencontrer le général de Gaulle.
A la Libération, à la tête du Mouvement national des
prisonniers de guerre et déportés (MNPGD), Mitterrand il
entame sa vie publique. Sa carrière commence en novembre 1946,
quand il devient député centre droit de la Nièvre
sur le conseil du radical Henri Queuille et est élu député,
sur un programme de centre droit. Élu maire de Château-Chinon,
il s'enracine dans le Morvan.
François Mitterrand est ministre
des Anciens combattants et victimes de guerre dans le gouvernement Ramadier
en 1947. il participera à onze gouvernements. Son premier poste
important, c'est en 1950, celui de la France d'outre-mer, ce qui lui permet
de découvrir l'Afrique et de tisser des liens étroits avec
les futurs chefs d'états de l'Afrique décolonisée.
A ce moment, il a des idées particulièrement progressistes
pour son époque sur l'émancipation des colonies.
Ministre de l'Intérieur dans le cabinet Mendès-France, Mitterrand
entame une relation avec un homme qui le fascine et avec qui il partagera
le rôle d'alternative à De Gaulle. Pour le moment, Mitterrand
fait face à la crise algérienne qui commence en novembre
1954. Pour lui, " l'Algérie c'est la France ".
Après la victoire du Front républicain en 1956, soutient
Guy Mollet contre Mendès-France. Ministre de la Justice dans ce
nouveau gouvernement, couvre de son autorité la répression
en Algérie, et il doit accepter, en mars de placer la justice sous
l'autorité de l'armée, dans les trois départements
algériens. Contrairement à Mendès-France ou Alain
Savary, qui démissionnent du gouvernement, François Mitterrand
cautionne jusqu'au bout la politique de Guy Mollet, y compris dans l'affaire
du détournement de l'avion dans lequel se trouve le dirigeant nationaliste
Ben Bella.
L'avènement de la Ve République,
bien accueilli un cours instant par le député de la Nièvre,
fait de Mitterrand un opposant au pouvoir quand il voit que la prise du
pouvoir par De Gaulle, telle qu'est est orchestré par des hommes
comme Michel Debré, ressemble trop à un coup d'état
qu'il n'aura de cesse de dénoncer. Dès lors, Mitterrand
devient un adversaire résolu du nouveau régime et entame
son évolution vers la gauche. Il perd son siège de député
en 1958 avant d'entrer au Sénat.
La réforme constitutionnelle de 1962,
instaure l'élection du président de la République
au suffrage universel. Il s'emploie à s'imposer comme le chef de
l'opposition et à rassembler la gauche autour de lui pour l'élection
de 1965. Après le retrait de Gaston Defferre, Mitterrand, le "
candidat jeune pour une France moderne ", met en ballottage
le général de Gaulle contre toute attente et rassemble 10
millions de voix sur son nom.
Ce succès fait de Mitterrand un leader incontournable à
gauche, face à Guy Mollet dont la SFIO trop compromise dans les
errements de la IV° république, a été affaiblie
par la guerre d'Algérie. Une deuxième gauche apparaît
regroupant une nouvelle génération dans le Parti Socialiste
Unifié à partir de 1960. Mais cette nouvelle élite
intellectuelle rejette François Mitterrand en qui elle ne voit
pas un homme de gauche et à qui elle reproche son passé
vichyste.
Mitterrand fonde la Fédération
de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) le 10 septembre 1965
après avoir créé la CIR avec quelques amis (Joxe,
Estier, Mermaz, Dumas). Il décide de partir à la conquête
du Parti Socialiste. La crise dans la SFIO, culmine en 1969 avec la fondation
du Nouveau Parti Socialiste. Au congrès suivant, qui se tient en
juin 1971 à Epinay-sur-Seine, Mitterrand devient chef d'un mouvement
politique dont il n'était même pas adhérent la veille.
Porté à sa tête par un puissant courant de rénovation,
il s'appuie sur l'aile droite de l'ancienne SFIO et sur la gauche marxiste
du parti, autour du Centre d'Etudes et de Recherches Socialistes (CERES)
animé par Jean-Pierre Chevènement. En effet, pour reconquérir
le pouvoir, il faut rassembler la gauche dans une union dans laquelle
le Parti Socialiste doit supplanter le PCF. Pour cela, le Parti Socialiste
doit résolument s'ancrer à gauche. On entend ainsi Mitterrand
déclare : " violente ou pacifique, la révolution
c'est d'abord une rupture ; celui qui accepte la rupture avec l'ordre
établi, avec le capitalisme, celui-là peut être membre
du Parti socialiste ".
Le 27 juin 1972, les socialistes concluent
le Programme commun de gouvernement avec les communistes et les radicaux
de gauche. La mort de Pompidou en 1974 provoque de nouvelles élections.
Candidat de toute la gauche, Mitterrand échoue de peu face à
Giscard d'Estaing.
Mais aux municipales de 1977, le PS dépasse
le PC (qui rompt les accords du Porgamme commun), il échoue de
peu aux législatives de 1978 et en 1981, le 10 mai, François
Mitterrand est élu président de République.
Mitterrand rend hommage à Jean Jaurès,
Jean Moulin et Victor Schlcher, il n'oublie pas Mendès-France,
malade, sans qui " rien de tout cela n'eût été
possible ". Avec la majorité absolue au Parlement et Pierre
Mauroy, Premier ministre d'un gouvernement comptant quatre communistes,
Mitterrand engage la France dans une politique de relance économique
et de mesures sociales, notamment la hausse du SMIC, l'abaissement de
l'âge de la retraite à 60 ans, l'octroi d'une cinquième
semaine de congés payés et la baisse de la durée
du travail à 39 heures. Le gouvernement nationalise plusieurs grands
groupes industriels et abolit la peine de mort. Les grandes lois de décentralisation
donne un nouveau souffle à la démocratie locale. Enfin,
la presse est libéralisée et les radios libres voient le
jour.
Mitterrand s'attache à relancer le
dialogue Nord-Sud. La crise économique touche durement le pays
et les choix du gouvernement conduisent bientôt à des déséquilibres
qui obligent le gouvernement, dès juin 1982 à bloquer les
prix et les salaires, c'est le début d'une politique d'austérité,
sur fond d'augmentation du chômage. Mitterrand échoue dans
sa réforme de l'enseignement privé en 1984, et il se heurte
au mécontentement des ouvriers et des syndicats contre les restructurations
industrielles. La modernisation du socialisme (réhabilitation de
l'entreprise) constitue une rupture de plus avec le grand rêve de
1981. Le gouvernement reste de gauche, mais la realpolitik semble
l'emporter de plus en plus sur l'idée que se fait " le peuple
de gauche " du socialisme.
La politique culturelle permet la démocratisation
(Fête de la Musique et Fête du cinéma) et donne l'occasion
au Président e lancer de grands travaux : Grand Louvre avec la
Pyramide, Opéra Bastille, Bercy, Grande bibliothèque ou
la Grande Arche de la Défense Laurent Fabius succède à
Mauroy, mais cette tentative de rajeunissement n'empêche pas la
défaite de la gauche aux élections législatives de
1986, et Mitterrand doit accepter la cohabitation avec la nouvelle majorité.
Mitterrand appelle Jacques Chirac à Matignon. Dès l'hiver,
la grogne contre le projet Devaquet et la mort de Malik Oussekine, contribuent
à liguer une bonne partie de l'opinion contre le gouvernement,
d'autant plus que la brutalité avec laquelle le dossier néo-calédonien
est traité choque. Mitterrand apparaît alors comme le symbole
d'une France unie, que son action depuis 1981 a transformé. Ainsi,
la " génération Mitterrand " gagne haut la main
l'élection présidentielle en 1988. Mitterrand se place au-delà
de la gauche et envisage une ouverture au centre en appelant Michel Rocard
au gouvernement. Rocard règle la question calédonienne dès
1988. Le second septennat est moins audacieux, mais il continue d'être
résolument européen. Depuis 1982, le couple franco-allemand
est devenu une vrai histoire d'amitié entre Mitterrand et Kohl.
Militant de la construction européenne, Mitterrand s'investit personnellement
dans le débat sur le traité de Maastricht. Il s'oppose à
la vision de Margaret Thatcher et milite pour l'intégration de
l'Espagne et du Portugal à l'Europe. Allié des Etats-Unis,
il n'en cherche pas moins, à privilégier une voie française,
celle de la négociation jusqu'au bout. Pourtant, il ne modernise
pas sa vision de l'Afrique si on excepte son appel à la démocratisation
lancé de La Baule en 1991, et sa sympathie pour les Serbes, altère
son appréciation de la situation yougoslave.
Le pouvoir est usé et la gauche perd
les élections législatives de 1993. Édouard Balladur
devient le nouveau Premier ministre de la seconde cohabitation. Les dernières
années sont ternies par les révélations sur sa maladie
et surtout ses liens avec René Bousquet. S'y ajoutent les "
affaires ". Après le Carrefour du développement et
l'affaire du Rainbow Warrior au milieu des années 80, les
suicides de Pierre Bérégovoy, de François de Grossouvre
et la mort de Roger-Patrice Pelat.
François Mitterrand se retire de
la vie publique après de l'élection de 1995 et décède
un an plus tard, le 8 janvier 1996, miné par le cancer.
Mitterrand a marqué durablement la gauche française. Venu
de loin, de la vieille droite conservatrice, celui qui a su rassembler
la gauche et la conduire vers le pouvoir fait l'objet d'un bilan mitigé.
L'homme a trop aimé le pouvoir, il a sculpté sa propre statue
et dessiné le canevas de sa propre légende. Il ne reste
de rien du mitterrandisme si ce n'est une certaine idée de la politique
et du pouvoir où Machiavel l'emporte trop souvent sur Mendès.
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